Forfait jour : comprendre les règles essentielles

Le forfait jour est un système de gestion du temps de travail qui gagne en popularité, notamment auprès des cadres et des salariés autonomes dans l'organisation de leur emploi du temps. Mais que signifie-t-il exactement et comment fonctionne-t-il ?
Ce dispositif offre une flexibilité appréciable pour les employés et les employeurs, tout en étant strictement encadré par le Code du travail. Dans cet article, nous vous expliquons les règles essentielles du forfait jour, sa définition, son champ d’application, ainsi que les droits et obligations qu’il implique.
En permettant une gestion plus autonome du temps, le forfait jour constitue une alternative intéressante au décompte de la durée du travail en heures. Toutefois, sa mise en place doit respecter des exigences précises pour garantir une équité et une légalité optimales. Découvrez comment ce système peut améliorer l’organisation du travail et la qualité de vie professionnelle.
Définition et champ d'application du forfait jour
Qu'est-ce que le forfait jour ?
Le forfait jour est un dispositif qui permet de calculer le temps de travail en fonction d’un nombre de jours travaillés par an, plutôt qu’en heures. Ce système déroge à la règle des 35 heures hebdomadaires et offre une comptabilisation basée sur des jours ou demi-journées sur l’année.
Ce mécanisme apporte une grande flexibilité aux salariés en leur offrant une gestion autonome de leur emploi du temps. Pour les employeurs, il simplifie le suivi quotidien des heures travaillées, ce qui est particulièrement adapté aux salariés ayant une forte indépendance dans leur organisation.
Le forfait jour est encadré par une convention individuelle de forfait en jours, un document écrit qui définit les conditions de travail du salarié. Cette convention doit être prévue par un accord collectif d’entreprise ou de branche.
Qui peut être concerné par le forfait jour ?
Le forfait jour s’adresse principalement aux salariés bénéficiant d’une grande autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps. Il est particulièrement adapté aux cadres qui ne sont pas soumis à un horaire collectif au sein de leur service ou équipe. Ces cadres doivent avoir une liberté significative dans la gestion de leur temps de travail.
Les salariés non-cadres peuvent également être éligibles au forfait jour, à condition d’avoir des responsabilités importantes et une durée de travail non prédéterminée. Cependant, ils doivent disposer d’une autonomie réelle dans l’organisation de leur emploi du temps pour exercer leurs missions.
Pour que le forfait jour soit valide, il est essentiel de respecter des critères stricts. Les salariés concernés doivent assumer pleinement la responsabilité du temps qu’ils consacrent à leurs tâches et disposer d’une grande latitude dans leur organisation du travail.
Mise en place du forfait jour et accord nécessaire
Conditions de validité d'un accord de forfait jour
Pour qu’un forfait jour soit mis en place de manière valide, plusieurs conditions doivent être respectées. Tout d'abord, il est indispensable que l'accord collectif d'entreprise, d'établissement, de groupe, ou à défaut, une convention ou un accord de branche, autorise expressément le recours au forfait jour. Cet accord collectif doit primer sur toute autre disposition, et en cas de conflit, c'est celui de l'entreprise qui doit être appliqué en priorité.
L'accord collectif doit également garantir le respect de durées raisonnables de travail ainsi que des temps de repos journaliers et hebdomadaires. Il doit prévoir les modalités selon lesquelles l'employeur assure l'évaluation et le suivi régulier de la charge de travail du salarié, ainsi que les modalités de communication périodique entre l'employeur et le salarié sur :
- La charge de travail,
- L'organisation du travail,
- L'articulation entre l'activité professionnelle et la vie personnelle,
- La rémunération du salarié.
De plus, il doit inclure les modalités d'exercice du droit à la déconnexion.
En cas de manquement de l'accord collectif à ces dispositions, l'employeur doit pallier ces lacunes en établissant un document de contrôle des jours travaillés, en s'assurant que la charge de travail est compatible avec les temps de repos, et en organisant un entretien annuel avec le salarié pour discuter de sa charge de travail et de son organisation.

Les étapes à suivre pour instaurer un forfait jour dans l'entreprise
Pour instaurer un forfait jour dans l'entreprise, plusieurs étapes doivent être suivies de manière rigoureuse :
- Vérifier l'existence d'un accord collectif qui autorise le recours au forfait jour. Si cet accord n'existe pas, il est nécessaire de négocier et de signer un tel accord.
- Une fois l'accord collectif en place, rédiger une convention individuelle de forfait en jours avec chaque salarié concerné. Cette convention doit être écrite, signée par le salarié, et mentionner notamment :
- Le nombre exact de jours travaillés sur la période de référence,
- Les modalités de protection de la santé et de la sécurité du salarié prévues par l'accord collectif.
- Mettre en place un système de suivi et de contrôle de la charge de travail des salariés en forfait jour :
- Établir un document de contrôle des jours travaillés,
- Organiser des entretiens annuels pour évaluer la charge de travail et l'organisation du travail,
- S'assurer que la charge de travail est compatible avec les temps de repos journaliers et hebdomadaires.
- Garantir que les salariés en forfait jour bénéficient des garanties légales en matière de repos quotidien et hebdomadaire, de congés payés et de jours fériés, tout en veillant à ce qu'ils disposent d'une réelle autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps.
Droits et obligations liés au forfait jour
Durée maximale du travail et droit au repos
Les salariés en forfait jour ne sont pas soumis aux mêmes règles de durée du travail que ceux respectant la durée légale hebdomadaire. Ils ne sont donc pas limités par la durée légale de 35 heures par semaine, ni par les durées maximales quotidienne et hebdomadaire de travail (10 heures par jour et 48 heures par semaine ou 44 heures sur 12 semaines consécutives).
Il est toutefois essentiel de garantir que la charge de travail reste raisonnable et ne mette pas en danger la santé ou la sécurité du salarié. L'employeur doit s'assurer que les salariés en forfait jour bénéficient des garanties légales, notamment en matière de repos quotidien et hebdomadaire, de congés payés et de jours fériés chômés. Le nombre de jours travaillés par an est généralement fixé à 218 jours maximum, bien que cette limite puisse varier selon l'accord collectif en vigueur dans l'entreprise.
Si un salarié décide de renoncer à certains jours de repos, il ne peut pas dépasser 235 jours travaillés par an.
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Surveillance de la charge de travail et droit à la déconnexion
L'employeur est tenu de surveiller régulièrement la charge de travail des salariés en forfait jour afin de garantir qu'elle reste raisonnable et respecte les temps de repos. Cela nécessite la mise en place de modalités d'évaluation et de suivi, ainsi que des échanges périodiques entre l'employeur et le salarié sur divers aspects : la charge de travail, l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et la rémunération.
L'accord collectif doit préciser les modalités de suivi et de communication, incluant des entretiens annuels pour discuter de l'organisation du travail et de la charge de travail. Par ailleurs, l'employeur doit instaurer des dispositifs visant à garantir le respect du droit à la déconnexion. Cela peut inclure des règles sur les horaires des réunions, les heures d'envoi de messages ou les délais de réalisation des tâches.
Rémunération et protection en cas de non-conformité
La rémunération des salariés en forfait jour doit être ajustée à la charge de travail imposée. Un entretien annuel entre l'employeur et le salarié est nécessaire pour discuter de la rémunération et s'assurer qu'elle correspond aux contraintes du poste.
En cas de rémunération inadaptée, le salarié peut saisir le conseil des prud'hommes afin de réclamer une indemnité calculée selon le préjudice subi. De plus, si les conditions du forfait jour ne sont pas respectées (notamment concernant l'autonomie, la charge de travail raisonnable et les temps de repos), l'employeur risque des sanctions pécuniaires voire l'annulation de la convention de forfait jour. Il est donc primordial de respecter scrupuleusement les dispositions légales et conventionnelles, afin de protéger à la fois les salariés et l'entreprise.
Conclusion
En conclusion, le forfait jour offre une flexibilité significative tant pour les salariés que pour les employeurs. Cependant, il est impératif de respecter les conditions et les règles strictes qui le régissent. Ce dispositif repose sur plusieurs éléments essentiels : un accord collectif, une convention individuelle écrite, et une réelle autonomie du salarié dans l'organisation de son emploi du temps.
La limite de 218 jours travaillés par an, le respect des temps de repos, ainsi que la garantie du droit à la déconnexion sont des points clés à ne pas négliger. Ces mesures visent à assurer un équilibre entre vie professionnelle et personnelle tout en préservant la santé des salariés.
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N'attendez plus pour prendre les premiers pas vers une meilleure compréhension et une gestion optimisée de vos ressources humaines. Formez-vous, et veillez à respecter les droits et obligations liés au forfait jour afin de garantir un environnement de travail équitable et productif.
FAQ
Quels salariés sont éligibles pour bénéficier d’un forfait jour ?
Les salariés éligibles au forfait jour sont principalement les cadres autonomes dans l’organisation de leur emploi du temps, dont les fonctions ne nécessitent pas de suivre un horaire collectif. Ce dispositif peut également concerner des salariés non-cadres, à condition qu’ils disposent d’une autonomie réelle et que leur durée de travail ne soit pas prédéterminée.
Quelles sont les conditions nécessaires pour mettre en place un forfait jour dans une entreprise ?
Pour instaurer un forfait jour dans une entreprise, plusieurs conditions essentielles doivent être respectées :
- Un accord collectif d'entreprise, d'établissement, ou une convention ou un accord de branche doit prévoir le forfait jour.
- Le salarié concerné doit donner son accord exprès, formalisé par une convention individuelle de forfait insérée dans son contrat de travail ou un avenant.
- L’accord collectif doit préciser les catégories de salariés concernés, la période de référence du forfait, le nombre de jours inclus, les modalités de suivi et d’évaluation de la charge de travail, ainsi que le droit à la déconnexion.
- Un entretien annuel de forfait jour doit être organisé pour assurer le suivi de la charge de travail et vérifier la compatibilité avec la vie personnelle du salarié.
Comment le temps de travail est-il décompté et rémunéré pour un salarié en forfait jour ?
Pour un salarié en forfait jour, le temps de travail est décompté en nombre de jours travaillés sur l'année, et non en heures. Le nombre de jours travaillés est fixé par la convention collective ou l’employeur, généralement dans la limite de 218 jours par an, mais peut aller jusqu’à 235 jours avec un avenant au contrat.
La rémunération prend en compte la charge de travail imposée et est définie lors d’un entretien annuel entre le salarié et l’employeur. N'étant pas soumis au décompte de la durée du travail en heures, les salariés ne bénéficient pas des règles applicables en matière d'heures supplémentaires.
Quels sont les droits et garanties des salariés en forfait jour en matière de repos et de congés ?
Les salariés en forfait jour disposent de plusieurs droits et garanties en matière de repos et de congés. Bien qu’ils ne soient pas soumis aux durées maximales quotidienne et hebdomadaire de travail, ils bénéficient des garanties légales de repos quotidien, hebdomadaire, de congés payés, ainsi que des jours fériés chômés.
Ils ont également droit à un certain nombre de jours de repos supplémentaires, calculés en fonction des jours fériés, des congés payés et des week-ends. Ce nombre peut varier d’une année à l’autre (par exemple, 8 jours en 2025 et 9 jours en 2024).
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